Viva Rio: 932 armes en trois mois

En trois mois de fonctionnement, le poste de Viva Rio a reçu 932 armes, dont armes de poing et pistolets, sans compter les fusils et les carabines. Quant aux calibres, le 38 prédomine avec 42%, suivi du 32 (23%), du 22 (14%) et du 380 (7%). Taurus est la marque la plus fréquente (40%), suivie de Rossi (22%), de Smith Wesson (9%), de CBC (3%) et de Beretta (3%). Aussi, concernant l'origine, 73% sont de fabrication nationale, 23% sont étrangères et 5% dont il n'est pas donné d'information.
A midi, le secrétaire général du Ministère de la Justice, Luiz Paulo Barreto, a inauguré le poste de collecte d’armes de Viva Rio. Viva Rio a comparé le profil des armes livrées avec celles qui ont été obtenues lors d'une étude faite par l'organisation elle-même sur les armes saisies d'une façon illégale par la police de Rio de Janeiro entre 1998 et 2008. Le profil général des armes est similaire. Les caractéristiques des armes en circulation entre les mains des citoyens respectueux des lois, pour ainsi dire, et celles qu'ont les criminels ne sont pas très différentes. Selon l'analyse de Viva Rio, le pénal révèle toutefois de nombreuses différences importantes - la présente d'armes à feu d'usage militaire (3%) qui n'est pas encore apparu au poste de collecte; un nombre important de pistolets et d'armes longues de chasse; et une variété importante de calibres.
Viva Rio a également analysé le profil des personnes qui ont remis leur arme. La majorité sont des hommes (68%). Fréquentes sont les histoires des veuves qui veulent se débarraser d'une arme qui avait jadis appartenue à leur mari, comme Marilda Dantas de Padoue qui a remis un révolver de calibre 32. « J'ai toujours voulu me débarrasser de l'arme. Mon mari vient de tuer un serpent avec elle. Maintenant, je me sens soulagé », a déclaré Marilda.
En ce qui concerne le niveau d'éducation, 45% ont un certain niveau d'enseignement secondaire et 53% ont 14 ans d'études ou plus. La classe moyenne prédomine - 71% ont un revenu familial de plus de 6 fois le salaire minimum.
Le poste de collecte, situé au 76 Rua do Russel, à Gloria, sera ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h, et le samedi de 9h à 13h, pour ceux qui sont intéressés de rendre volontairement leurs armes.
En 2004/2005, le Ministère de la Justice avait organisé la première campagne de désarmement volontaire, collectant presque 500 000 armes avec la participation des ONGs et des Églises. L'impact du retrait en circulation d'un demi-million d'armes, ainsi que l'interdiction de porter une arme dans la rue, selon le Ministère de la Santé, a réduit de 11% le nombre d'homicides par armes à feu dans le pays en cinq ans. Ce résultat est si bénéfique pour la réduction de la violence que le gouvernement fédéral a incité à réaliser cette nouvelle campagne, qui commence aujourd’hui et durera jusqu'à la fin de l'année.
La Campagne Nationale de Désarmement Volontaire de 2001 facilitera également la remisedes armes et des munitions. En plus du paiement 24 heures après sans avoir besoin d’un CPF, garantissant totalement l’anonymat, la campagne devra compter sur la participation beaucoup plus importante de la police de l’Etat, des gardes municipaux et des casernes de l'armée dans la réception des armes. La participation de la société civile sera également renforcée , par le biais de nombreuses églises, des ONGs, de la franc-maçonnerie, de l’OAB et d’autres organismes de bienfaisance et des droits de l'homme, qui seront accrédités par la Police Fédérale pour l’ouverture de postes, de sorte que tous les quartiers compteront un poste de collecte.
Une autre innovation sera la destruction de toutes les armes livrées pour éviter aucun risque de détournement. Durant la campagne précédente, seulement les églises et les ONGs ont été préoccupées quant à endommager les armes données. Aujourd’hui, la police agira également de cette façon. La destruction, au-delà de la prévention et du détournement, assure également la sécurité aux postes civils recevant des armes, souvent situés dans des zones à risques, sachant qu’il est connu qu’après avoir reçu un coup de marteau, les armes remises ne peuvent plus être utilisées.
La Campagne Nationale de Désarmement Volontaire de 2001 compte avec la participation de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil (CNBB), du Conseil National des Eglises Chrétiennes (CONIC), du Grande Oriente du Brésil (maçonnerie), du Barreau des Avocats du Brésil (OAB), du Réseau de Désarmement du Brésil qui rassemble 70 ONGs luttant pour le désarmement et la mise en œuvre du Statut de Désarmement, entre autres.
Le Réseau de Désarmement du Brésil a exprimé son opposition à la tenue d'un autre référendum sur l'interdiction du commerce des armes et des munitions pour les civils, estimant que la décision de l’electeur contre la prohibition en 2005, devrait être respectée, et que la meilleure façon de répondre à la tragédie de l’ école de Realengo est ’application du Statut de Désarmement, loi considérée parmi les meilleures au niveau international, mais qui, selon le Réseau ", reste en grande partie sur le papier."
Selon Viva Rio, membre du Réseau, le massacre a été rendu possible par la facilité avec laquelle le tueur s’est procuré les armes et les munitions: l’une avait été volée dans une résidence, et c'est exactement ce type de vol qui favorise la criminalité. Selon la Police Fédérale, en 2003, 27 mille armes à feu ont été volés de résidences au Brésil. Bien que la loi de contrôle soit efficace, elle n'est pas correctement mise en œuvre. Selon le coordonnateur du programme de contrôle d’armes de Viva Rio, Antonio Rangel Bandeira, les magasins ont vendu des armes et des munitions en acceptant de faux certificats de santé mentale et des cours de tir. Par ailleurs, le transport d'armes et d’entreprises de sécurité privées ne sont pas suffisamment contrôlés. "Avec l'absence de contrôle adéquat, tel que requis par la loi, il est facile d’acquérir des armes et des munitions dans le commerce légal, comme illégal. La lutte pour que le Statut sur le Désarmement soit accomplie est la meilleure façon d'éviter que des tragédies comme celle de l’école de Realengo se reproduisent", conclut Rangel.
Análise das armas entregues no posto do Viva Rio
Pour en savoir plus:
La route des armes jusqu’au crime






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