Armes a feu: protection ou risque?
Ce guide cherche à répondre de manière synthétique à tout ce vous voudriez savoir sur les avantages et les désavantages liés à l’utilisation des armes à feu pour l’autodéfense et ne saviez pas à qui demander. Ces réponses mettront fin à une série de doutes, certitudes et critiques que nous avons recensés lors des diverses occasions au cours desquelles nous avons été invités à débattre de la question aux quatre coins du monde.
Cette édition internationale prétend être une source de référence pour ceux qui voudraient décider d’acheter ou de garder une arme, qui désireraient convaincre leur communauté ou électorat sur ce qui convient le mieux, qui auraient pour fonction de changer les lois ou proposer des politiques publiques relatives aux armes à feu et pour ceux qui auraient la tâche d’enseigner ou informer.
Nos sociétés sont chaque fois plus violentes, et la violence devient chaque fois plus mortelle par l’usage débridé des armes à feu. Les gouvernements répondent de manières différentes aux désirs populaires de plus de sécurité. Quatre pays ont interdit complètement la possession d’armes à feu par les civils, le Luxembourg, le Brunei, la Malaisie et le Botswana. Trois autres se sont dotés de lois fortement restrictives, le Japon, la Grande Bretagne et la Chine. La majorité des pays analysés exercent un certain type de contrôle. Les pays dont les législations sont les plus permissives sont les Etats-Unis, la Finlande et la plus grande partie des pays Arabes.
Le monde n’a jamais été autant armé. Plus de 600 millions de petites armes y sont en circulation, si l’on se rapporte uniquement aux informations relatives à 110 pays, qui représentent plus de la moitié de la population mondiale. Ces armes tuent 300.000 personnes par an au cours de guerres, agressions, suicides, homicides entre personnes se connaissant et accidents.
Parallèlement, les attentions et ressources sont concentrées sur le terrorisme, les tueurs en série et les enlèvements de personnalités qui, bien qu’ils sont préoccupants, arrivent en faible nombre mais produisent un impact important sur l’opinion publique, maintes fois manipulée par le “facteur peur” (fear factor).
Bien que l’Amérique Latine ne représente que 14% de la population mondiale, l’absence de contrôle des armes, associée à d’autres facteurs que nous analyserons ici, en fait une région responsable pour quasiment la moitié des homicides par armes à feu du monde.
Les coûts générés par la violence sont à la hauteur de 13 à 15% du PIB. 4 Et le continent n’est pas en guerre. Seule la Colombie est plongée depuis 1979 dans un conflit interne qui a déjà causé la mort de 475.000 personnes. Il est de coutume de penser que les militaires et les civils tués durant les guerres le sont principalement par des armes lourdes, alors que la Croix Rouge estime que 60% des victimes de guerre sont tuées par des armes de poings, et que 35% d’entre eux sont des civils.
Nous avons consacré six années à des recherches poussées, à des voyages dans différents pays, animés par un effort de compréhension pour séparer ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Quel est notre but? L’objectif tant de celui qui s’arme que de celui qui désire se 12 désarmer est le même : la sécurité. De telles attitudes sont respectables parce qu’elles cherchent à réduire la violence et accroître la sécurité. Mais qui a raison ? Ici, le lecteur va se trouver face à une confrontation entre les pour et les contres concernant l’utilisation des armes pour la défense personnelle, afin qu’il tire ses propres conclusions.
Il s’agit d’informations recueillies au sein des principaux centres de recherches du monde entier - certaines d’entre elles ne sont portées que maintenant à la connaissance du grand public.
La société, accaparée par la violence croissante, manifeste de la curiosité, jusqu’à l’angoisse, et cherche à s’informer sur un sujet qui reste encore tabou dans beaucoup de pays : l’obscur et secret univers des armes à feu. Le commerce illégal des armes et munitions garantit des gains lucratifs et ses protagonistes font tout pour que cette activité demeure occulte.
Concernant le cheminement et le détournement des armes, beaucoup de choses se disent et peu se savent. Restent des questions simples. Devons-nous acheter une arme pour défendre nos familles et nos biens? Quels sont les avantages et les risques de cette attitude? L’autodéfense par les armes à feu est-elle un droit humain fondamental? Le désarmement rassure-t-il les bandits en retirant leurs armes aux hommes de biens, les laissant sans défense? Les femmes doivent-elles se protéger avec des armes contre la violence masculine? Quelles sont les principales sources qui approvisionnent les criminels en armes et comment les contrôler?
Nous aborderons la relation d’influence entre la violence armée et la culture, les médias, l’éducation et la religion. Nous synthétiserons les principaux points du débat entre les théories en faveur et contre l’usage des armes comme moyen de protection. Nous éclaircirons la situation réelle dans les pays communément cités comme “exemplaires”, que ce soit par les défenseurs ou par les opposants aux armes: la Suisse, l’Australie, les États Unis, le Canada, la Grande Bretagne et le Japon.
Nous mettrons en rapport des réalités différentes, pays pauvres et pays riches, nord et sud, pays où la violence est faible mais les indices de mortalité forts, pays avec peu ou beaucoup d’armes aux mains des civils. Les statistiques disponibles aujourd’hui couvrent déjà quasiment la totalité des pays qui ont cherché des solutions différentes pour affronter la violence armée.
Nous évaluerons l’impact de l’utilisation des armes, des points de vue de la santé publique et de l’économie. Seront analysés des secteurs particulièrement vulnérables, comme ceux des femmes, des enfants et des jeunes, ces derniers comme principales victimes et auteurs préférentiels de la violence armée.
Les opinions se divisent généralement entre ceux qui pensent qu’il existe un droit, une nécessité pour que les citoyens de bien possèdent une arme pour se défendre, et ceux qui croient que les armes transmettent à peine une illusion de sécurité. Mais alors, sans arme, qui va nous défendre? Pour certains, comme l’indique le manifeste de la Secrétaire d’Etat des Etats Unis, Condoleezza Rice, “s’armer est un droit des américains aussi important que la liberté d’expression et la religion”. Pour d’autres spécialistes en sécurité publique, l’absence de contrôle sur la détention et le port d’arme ne fait que rendre la violence plus létale.
L’objectif de ce Guide Pratique est de fournir au lecteur, principal façonneur d’opinion, le maximum d’informations nécessaires, de manière synthétique et respectant la controverse. De cette manière, les personnes pourront décider en connaissance de cause le type de société dans lequel elles souhaitent vivre : un pays protégé par les armes
ou un pays protégé contre les armes.






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