Transferts internationaux d?armes, matière en évidence
L’édition 2007 du rapport de Small Arms Survey, divulgué récemment, apporte des données nouvelles et actualisées au sujet de la production et des stocks d’armes légères et de petit calibre et met un accent particulier sur le contrôle des transferts d’armes dans le monde. D’après l’étude “Small Arms Survey 2007: les armes et les villes”, il existe aujourd’hui près de 650 millions d’armes entre les mains des civils dans le monde. Le rapport révèle aussi que chaque année sont produites de 530 mille à 580 mille armes, comme les fusils et les mitrailleuses, et le Brésil se place parmi les sept plus grands exportateurs d’armes au monde.
Dans le chapitre intitulé “Enquêtant les zones grises: transferts irresponsables d’armes”, le rapport définit ce que sont les transferts responsables et irresponsables d’armes et actualise le Baromètre de Transparence du Commerce d’Armes de Petit Calibre, outil qui classifie le niveau de transparence des gouvernements vis à vis de leurs exportations d’armes.
L’étude révèle que 60 pays au moins, ont réalisé des transferts irresponsables d’armes entre 2002 et 2004. Et c’est justement pour discuter et analyser les principes globaux qui réglementent les exportations, les importations et les transferts d’armes , que près de 400 personnes, dont des représentants de gouvernements, des organisations de société civile et des agences de l’ONU, se sont réunies pendant cinq jours à Genève, en Suisse, lors de la “Rencontre informelle sur le contrôle de transferts d’armes".
Pour Lina Holguin, d’Oxfam, l’évènement fut une opportunité pour les pays, de partager les informations concernant les moyens d’éviter que les armes tombent entre de mauvaises mains. “Je pense aux milliers de personnes qui vivent dans la terreur de la violence armée, aux femmes, aux filles et aux garçons qui ont été violés sous la mire d’un fusil dans le monde entier, aux millions de personnes qui ont été forcées d’abandonner leurs maisons à cause de conflits armés. Je pense aussi aux filles et aux garçons qui portent des armes au lieu de tenir un crayon”, affirme Lina dans le blog de la rencontre.
Les sujets abordés pendant la réunion ont concerné, entre autres, la nature des contrôles de transferts d’armes et la structure actuelle de contrôle; les principes de contrôle de transferts et leurs applications; le développement de capacités et la mobilisation de ressources pour mettre en place les contrôles, incluant la coopération et l’assistance au niveau international.
La réunion a été organisée autour de plusieurs sujets. Le premier jour a été dédié à la recherche sur le contrôle de transferts d’armes. Les second et troisième jours, les principes globaux ont été discutés. Et les deux derniers jours, l’accent a été mis sur l’application pratique des principes de contrôle des transferts d’armes. A la fin de la rencontre, les participants ont discuté au sujet des prochains pas en vue de la réunion du Premier Comité des Nations Unies qui se tiendra en octobre et qui traitera les sujets de désarmement.
Attention accrue sur la participation de la société civile
Pendant la réunion, parrainée par le gouvernement du Canada, les participants ont discuté au sujet des démarches légales nécessaires pour réduire le risque de déviations d’armes du marché légal vers le marché illégal. Pour Rebeca Pérez, chercheuse chez Viva Rio et auteur de l’étude “Pour un traité international de contrôle de transfert d’armes de petit calibre et légères: un regard depuis le Mercosur”, le point le plus intéressant de la rencontre a été le fait que les ONGs aient participé à tous les débats.
"Pour la première fois dans une réunion de gouvernements, les entités de société civile ont pu participer à un échange d’idées franc et direct sur le thème. Toutes les personnes présentes ont participé aux débats et les échanges d’idées et d’opinions ont été bien meilleurs que lors de réunions plus formelles”, affirme Rebeca.
Pendant la rencontre, plusieurs gouvernements ont rehaussé l’importance de la participation de la société civile. Pour Daniel Mack, de l’Institut Sou da Paz, de São Paulo, les agences de l’ONU et les sociétés de financement doivent tenir compte du savoir-faire des organisations civiles dans la mise en oeuvre de projets de contrôle d’armes. “Souvent les ONGs locales possèdent une connaissance profonde et un réseau de relations dans les communautés affectées par la violence armée. Nous voulons continuer de travailler conjointement avec les gouvernements pour diminuer l’impact de la violence armée sur les populations,” affirme Mack.
Rebeca Pérez lui fait écho. Elle dit que les ONGs ont fait de très bonnes présentations sur des aspects importants des principes qui réglementent les transferts internationaux d’armes, basés sur le Droit International et sur les droits de l‘homme. “Cette réunion a consolidé le rôle stratégique des ONGs et leurs connaissances techniques du sujet et elle a confirmé que les ONGs et les gouvernements peuvent très bien collaborer et travailler conjointement", explique-t-elle.
Armes au Brésil
Selon l’étude de Small Arms Survey 2007, le taux d’homicides par arme à feu au Brésil dépasse ceux des pays en guerre; il a triplé en vingt ans, en passant de 7 à 21 homicides pour 100 mille habitants, entre 1982 et 2002. Par ailleurs, d’après le rapport annuel de l’Institut d’Etudes Internationales, les homicides par armes à feu au Brésil ont un rapport avec l’urbanisation et l’inégalité sociale.
Bien qu’il subisse les conséquences de la violence armée, le Brésil est l’un des plus grands exportateurs au monde d’armes à feu. Le Brésil exporte,entre autres, des fusils et des pistolets. D’après le Baromètre de Transparence divulgué par Small Arms Survey 2007, le Brésil occupe la 21º place dans une liste de 36 pays. Les pays qui ont les meilleurs indices de transparence parmi les plus grands exportateurs sont les Etats-Unis, La France, l’Italie, la Norvège, le Royaume Uni et l’Allemagne.
“Si tous les pays présents à la réunion appuyaient l’idée que les gouvernements ont besoin de lois plus rigides de contrôle de transferts d’armes et que tous doivent suivre les mêmes règles ( les Principes Globaux), il est certain que la possibilité de sauver de nombreuses vies augmenterait”, affirme Lina Holgin.
* traduction Christine Okretic
Dans d´autres sites:
Principes généraux régissant les transferts d´armes






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