Consolider la stabilité en Haïti

"Consolider la stabilité en Haïti", le dernier rapport de l’International Crisis Group, examine dans quelle mesure cet État fragilisé nécessite de consolider ses récents acquis. Le président René Garcia Préval, qui bénéficie d’un soutien important de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a enregistré de véritables succès en démantelant les gangs violents de Port-au-Prince. Mais les institutions de l’État doivent être renforcées à long terme et à l’échelle nationale, et des services de base doivent être fournis aux plus pauvres dès que possible.

" Haïti a une occasion historique de se construire un futur démocratique et d’établir des conditions propices à son développement économique ", a déclaré Damien Helly, analyste senior pour Crisis Group en Haïti. " L’État reste cependant très faible et nécessite un soutien sécuritaire, politique, financier et technique continu."

Le désarmement à grande échelle n’a pas eu lieu et les programmes de réduction de la violence ont démarré lentement. Les trafics de drogue, la manipulation politique du système judiciaire et l’impunité sont légion. L’assistance transitoire et post-conflit vient à peine de faire son apparition dans la capitale, et la coordination entre les donateurs et le gouvernement reste inefficace. L’économie se stabilise les caisses de l’État se remplissent, et l’inflation et les taux de change sont sous contrôle, mais cette amélioration ne se répercute pas sur les conditions de vie de la population.

La MINUSTAH est un rempart sécuritaire mais le développement d’une Police nationale d’Haïti (PNH) intègre et inspirant confiance est crucial. Pour créer une vraie stabilité dans le pays, le gouvernement doit s’opposer à toute tentative de rétablissement de l’armée ou d’une seconde force de sécurité nationale. L’État de droit doit être renforcé via la réforme des prisons et de la justice dont les progrès concrets doivent inspirer l’octroi de futurs financements.

Haïti a besoin de personnel compétent supplémentaire pour favoriser un développement décentralisé, limiter l’exode rural et soutenir une gouvernance démocratique au travers de projets de développement locaux et participatifs. La communauté internationale doit insister sur le renforcement des capacités et la reconstruction d’institutions compétentes, faire d’Haïti une priorité de la nouvelle Commission de consolidation de la paix des Nations unies et allouer 50 millions de dollars aux agences de l’ONU pour soutenir la gouvernance à tous les niveaux.

" Le Président Préval bénéficie d’un soutien national et international pour mettre en œuvre un agenda de réformes ambitieux et inscrit dans le long terme », a ajouté Mark Schneider, vice-président senior et conseiller spécial pour l’Amérique latine à Crisis Group. « Il ne pourra empêcher le pays de retomber dans le chaos que s’il renforce les structures de l’État, lance des programmes d’envergure définis avec les communautés et s’attaque aux sources de conflit qui subsistent au sein de la population."

Lisez le rapport ici. En anglais.

Source: International Crisis Group 

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