Les véritables armes de destruction en masse

Les armes à feu légères et de petit calibre sont responsables de la mort de 600 mille personnes chaque année dans le monde. On peut les considérer comme les véritables armes de destruction en masse.

D’après Small Arms Survey, de Genève, on estime qu’il existe environ 639 millions d’armes de petit calibre en circulation dans 110 pays, ce qui représente la moitié de la population mondiale. De ce total, 37,8% appartiennent aux Force Armées, 2,8% aux policiers, et une énorme quantité, 59,2%, se trouve entre les mains de la population civile.

Au Brésil , ce pourcentage d’armes entre les mains de la société, et non de l’Etat, atteint 90%, soit plus de 15 millions d’armes , dont plus de 50% sont illégales.

A la différence des drogues produites et commercialisées illégalement, les armes sont produites légalement et, à un certain stade du processus, elles font leur entrée dans le marché clandestin. Donc , il est possible de contrôler le marché illégal, une fois que le marché légal est contrôlé.

Pour obtenir des résultats, les politiques de contrôle d’armes doivent agir sur quatre fronts spécifiques: le contrôle de l’offre, la réduction de la demande, la gestion des stocks et la destruction des excédents.

Le thème du contrôle des armes est polémique et le combat contre la déviation des armes du marché légal vers le marché illégal dépend de la volonté politique. La centralisation, l’informatisation et la convergence d’informations provenant de différents organismes de sécurité sont fondamentales pour un contrôle effectif des stocks et de la circulation des armes légères et de petit calibre.

Dans les pays pauvres, ou en voie de développement, l’échange des informations est précaire par manque de structure et de tradition. Dans les pays riches, avant le début de cette décennie, les armes à feu étaient traitées comme un produit quelconque, sans trop d’exigences concernant leur contrôle et l’attention accordée.

En Amérique latine, le passé récent des régimes autoritaires dans la plupart des pays rend difficile le contrôle des armes légères et de petit calibre. Dans beaucoup de pays cette activité est placée sous l’autorité exclusive des militaires, sans la participation de la police et de la société civile, par le biais d’ONGs spécialisées, comme le recommande l’ONU. Cependant, il commence à surgir des initiatives de coopération régionale, notamment entre les pays du Mercosur.

La solution dépend de l’intégration

Le flux des armes à feu transcende les frontières des états et des nations; le contrôle de ce flux exige des actions intégrées à tous les niveaux : municipal, des états, national, régional et inernational.

Les initiatives de plusieurs pays, et les accords régionaux et internationaux ont donné de bons résultats pour ce qui concerne la diminution de la quantité d`armes à feu en circulation. Des pays comme le Brésil, le Japon, la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie et l’Afrique du Sud ont établi des lois rigides pour le contrôle des armes.

Les accords régionaux, comme celui du Mercosur par exemple , permettent de concilier les législations des différents territoires; ce qui rend le trafic d’armes plus difficile aux frontières. En effet, cela ne sert à rien d’avancer dans le contrôle des armes dans un pays, si chez le pays voisin les armes continuent à être trafiquées. La nécessité que les lois de contrôle d’ armes soient convergentes au niveau régional est de plus en plus évidente. Par ailleurs, des lois comme le Statut du Désarmement brésilien ont inspiré d’autres pays de la région.

Des efforts sont également déployés en vue de la création d’un Traité Global sur le Commerce des Armes. En 2001, l’ONU a réalisé la première conférence globale sur les armes de petit calibre, qui engendra la création du Programme d’Action ( PoA), qui vise à la prévention, au combat et à l’élimination du commerce illicite des armes légères et à petit calibre sous tous les aspects. Parmi les recommandations de PoA se trouvent la réglementation des activités des intermédiaires (brokers) et le marquage des armes permettant de retrouver plus facilement leurs traces.

Les organisations civiles vont exercer la pression sur les gouvernements pour que ceux-ci adoptent un instrument légal pour réglementer les transferts d’armes entre pays, les transferts d’armes entre les gouvernements et les acteurs non liés aux gouvernements et aussi le marquage des munitions afin de rendre plus efficiente la lutte contre le trafic illicite de ces produits.