Haïti: un 12 janvier 2010 inoubliable
Tout était plus que normal au centre ville de Port-au-Prince ce mardi 12 janvier 2010 vers 4 heures. Les employés des secteurs privés et publics regagnaient paisiblement leurs maisons et le soir s’annonçait à l’horizon mais plusieurs d’entre nous allaient dormir pour toujours sous plusieurs tonnes de bétons suite à un tremblement de terre de magnitude 7.0 sur l’échelle de Richter.
Alors que les employés de tous les horizons rentraient chez eux, les cadres de l’administration publique étaient encore dans leurs bureaux traitant des dossiers d’importance. Plusieurs d’entre eux ont laissé leur peau suite au tremblement de terre ayant ravagé toutes les infrastructures de la capitale et laissé derrière lui près de 200 000 morts. Des noms comme Michard Gaillard (Cadre du parti politique Fusion des Sociaux Démocrates), Roc Cadet (Doyen du Tribunal Civil de Port-au-Prince), Hubert De Ronceray fondateur du parti MDN (Mobilisation pour le Développement National). La liste est longue et Haïti n’évaluera ce qu’elle a perdu vraiment qu’après plusieurs mois et même d’années.
La nature a surpris Haïti. Les édifices symboliques de la capitale se sont effondrés sous les yeux impuissants et malheureux des responsables politiques et certains membres du gouvernement haïtien ont failli y laisser leur peau. Citons, entres autres, le fameux palais présidentiel, la Direction Générale des Impôts et la majorité des ministères. Le Ministre de la Justice, Monsieur Paul Denis a été sauvé de justesse sous les décombres du Ministère qui a arraché la vie à Monsieur Roc Cadet, Michard Gaillard. Le grand écrivain Georges Anglade et sa femme n’ont pas survécu à cette catastrophe qui vient d’endeuiller cette nation vielle de plus de 200 ans et le monde entier pleure les calamités de ce pays qui, dit-on, est le plus pauvre de l’Amérique.
Un jeune étudiant de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Etat d’Haïti se dit terrifier par cet événement. Le séisme l’a surpris dans les locaux de sa faculté. « Personne ne peut expliquer cette catastrophe. Une nuit de plusieurs mois va s’abattre sur Port-au-Prince et ses environs car les morts sont partout »
Depuis ce mardi 12 janvier, 5heures moins 10 est un moment phare en Haïti. Cet instant de la journée hante l’esprit de chaque haïtien. Il est salué avec révérence, car les douleurs qu’elle a engendrées ne pourront jamais être effacées de l’esprit de l’enfant, du jeune comme de l’adulte.
Deux jours après le drame, une dame en pleures a eu le courage d’appeler à Radio Signal FM pour se plaindre que 17 membres de sa famille sont partis. Avec un sanglot infini, elle témoigne que sa famille ne compte désormais que 4 personnes.
Traumatisés, certains haïtiens perdent la tête. Une femme nue déambule sur Delmas, elle vient tout juste d’avoir la confirmation que ces quatre enfants sont morts sous un tas de bétons.
Le traumatisme est tenace. «Je sens toujours la terre tremblée sous mes pieds même après 7 jours du séisme » affirme une mère accompagnée de ces enfants en route vers un camp tout près de leur maison détruite par la fureur du tremblement.
« Le séisme a tout changé dans ma vie. Ma famille possédait trois maisons et toutes ont été détruites, je suis maintenant à la rue ».
12 janvier 2009, une journée inoubliable pour chaque haïtien. Haïti s’est appauvri davantage en un clin d’œil. « Les dégâts enregistrés après cette catastrophe en moins d’une minute sont comparables à ceux d’une guerre de plusieurs années » a martelé le Président haïtien, René Garcia Préval, qui, lui aussi, a perdu sa maison à Canapé vert.






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