Bel Air, moins violent que ne le font croire les préjugés

DSC02015_0.JPGViva Rio a rendu public une partie des analyses des résultats de son recensement sur la population de Bel-Air: les résultats de la recherche sur la victimisation.  Réalisé conjointement en Juin 2007 par l’ONG Viva Rio et l’Université Quisqueya dans les localités du Bel-Air, ce recensement a bénéficié du support de plusieurs chercheurs de l’Université de Boston et de l’Institut d'Études de la Religion (ISER).

Parler de Bel-Air pour certains c’est inévitablement faire référence à une population démunie et surtout violente. Les événements de 2004 ont légué cette image négative à ce quartier historique de centre de Port-au-Prince. Ce qui se perpétue malheureusement après plus de 4 ans alors que Bel-Air fut la première zone difficile à choisir la paix. Ce recensement mené conjointement par Viva Rio et l’Université Quisqueya dément les préjugés faisant de Bel-air une localité extrêmement violente.

L’objectif de cette démarche était, entre autres, de constituer une base de données solide pour une connaissance plus approfondie de la population, qui oriente les actions et programmes de Viva Rio mais aussi servir de repères aux décideurs du pays. Un ensemble de données significatives ont été collectées lors de ce recensement, notamment sur la consommation d’eau, urbanisation, la victimisation.

43% de la population déclarent avoir déménagé de Bel-Air pendant la période de violences collectives qui a débuté en 2004. Ce chiffre laisse comprendre l’effet dévastateur des violences politiques.

Tout le marché informel de la zone de Bel-Air a reçu un coup dur lors des périodes de trouble qui ont secoué ce quartier historique du centre ville. Les petits marchands ont déserté le plus grand centre commercial « croix des bossales ». Les magasins ont fermé leurs portes et des millions de dollars de déficits ont été enregistrés. Cette situation s’expliquerait par le fait que l’espace public était perçu comme peu sûr et un lieu de risque potentiel. Cette réalité n’est pas différente des grandes villes de l’Amérique Latine. Mais la situation s’est beaucoup améliorée durant ces deux dernières années. D’ailleurs des magasins qui ont fermé leurs portes se sont repositionnés à nouveau dans ce quartier dynamique à la recherche de progrès et de développement.

Aujourd’hui, Bel-Air est un quartier calme. Il est prêt d’ailleurs à accueillir des touristes selon les responsables de la Commission Nationale de Désarmement et de Réinsertion (CNDDR) et Africamérica. « Bel-Air désormais un espace pacifié qu’il faut valoriser à travers sa puissance créatrice  culturelle». C’est en effet dans ce cadre que s’inscrit le projet « Leve figi Bèlè » initié par la CNDDR et Africamerica.

Les violences collectives de 2004 ont obligé plusieurs centaines d’enfants ont  déserté le quartier. Ils ont pour la plupart gagné les rues pour en devenir à un certain point des chefs de gangs. Ils ont été au nombre de 13 500 âgés entre 0 à 19 ans.

Les conflits inter-quartiers n’existent presque pas dans la zone. Des opérations d’intégration ont permis d’obtenir jusqu’à ce jour des résultats positifs : manifestations culturelles, championnat de foot…

Depuis 2007, plusieurs mois se sont écoulés sans qu’aucune mort violente n’ait été recensée dans la zone. Les habitants ont pris conscience que la paix favorise le progrès et participe à l’amélioration de leurs conditions de vie. Comparé à certains favelas du Brésil Bel-Air est une communauté paisible. Toutefois, la vigilance est de mise compte tenu des possibles manipulations de certains groupes vulnérables : enfants et jeunes.

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